Henri Meschonnic à Cerisy-la-Salle en juillet 2003 lisant des poèmes
http://annelaplantine.free.fr/meschonnic%20cerisy.mp3
mardi 16 février 2010
dimanche 21 juin 2009
lundi 15 juin 2009
mercredi 28 janvier 2009
mardi 13 janvier 2009
vendredi 12 décembre 2008
samedi 6 décembre 2008
jeudi 4 décembre 2008
samedi 22 novembre 2008
mercredi 10 septembre 2008
samedi 30 août 2008
vendredi 29 août 2008
mercredi 27 août 2008
Je ne t’entends plus respirer…
MÉLISANDE : C’est que je regarde…
PELLÉAS : Pourquoi me regardes-tu si gravement ? – Nous sommes déjà dans l’ombre. – Il fait trop noir sous cet arbre. Viens dans le lumière. Nous ne pouvons pas voir combien nous sommes heureux. Viens, viens ; il nous reste si peu de temps…
MÉLISANDE : Non, non ; restons ici… Je suis plus près de toi dans l’obscurité…
PELLÉAS : Où sont tes yeux ? – Tu ne vas pas me fuir ? – Tu ne songes pas à moi en ce moment.
MÉLISANDE : Mais si, mais si, je ne songe qu’à toi…
PELLÉAS : Tu regardais ailleurs…
MÉLISANDE : Je te voyais ailleurs…
MÉLISANDE : C’est que je regarde…
PELLÉAS : Pourquoi me regardes-tu si gravement ? – Nous sommes déjà dans l’ombre. – Il fait trop noir sous cet arbre. Viens dans le lumière. Nous ne pouvons pas voir combien nous sommes heureux. Viens, viens ; il nous reste si peu de temps…
MÉLISANDE : Non, non ; restons ici… Je suis plus près de toi dans l’obscurité…
PELLÉAS : Où sont tes yeux ? – Tu ne vas pas me fuir ? – Tu ne songes pas à moi en ce moment.
MÉLISANDE : Mais si, mais si, je ne songe qu’à toi…
PELLÉAS : Tu regardais ailleurs…
MÉLISANDE : Je te voyais ailleurs…
lundi 25 août 2008
MÉLISANDE : Si, si ; je suis heureuse, mais je suis triste…
PELLÉAS : On est triste, souvent, quand on s’aime…
MÉLISANDE : Je pleure toujours lorsque je songe à toi…
PELLÉAS : Moi aussi… moi aussi, Mélisande… Je suis tout près de toi ; je pleure de joie et cependant… (Il l’embrasse encore.) – Tu es étrange quand je t’embrasse ainsi… Tu es si belle qu’on dirait que tu vas mourir…
MÉLISANDE : Toi aussi…
PELLÉAS : Voilà, voilà… Nous ne faisons pas ce que nous voulons… Je ne t’aimais pas la première fois que je t’ai vue…
MÉLISANDE : Moi non plus… J’avais peur…
PELLÉAS : Je ne pouvais pas regarder tes yeux… Je voulais m’en aller tout de suite… et puis…
MÉLISANDE : Moi, je ne voulais pas venir… Je ne sais pas encore pourquoi, j’avais peur de venir…
PELLÉAS : Il y a tant de choses qu’on ne saura jamais… Nous attendons toujours ; et puis… Quel est ce bruit ? – On ferme les portes…
MÉLISANDE : Oui, on a fermé les portes…
PELLÉAS : Nous ne pouvons plus rentrer ! – Entends-tu les verrous ! – Écoute ! écoute !… les grandes chaînes !… Il est trop tard, il est trop tard !…
MÉLISANDE : Tant mieux ! tant mieux ! tant mieux !
PELLÉAS : Tu ?… Voilà, voilà !… Ce n’est plus nous qui le voulons !… Tout est perdu, tout est sauvé ! tout est sauvé ce soir ! – Viens ! viens… Mon cœur bat comme un fou jusqu’au fond de ma gorge… (Il l’enlace.) Écoute ! écoute ! mon cœur est sur le point de m’étrangler… Viens ! Viens !… Ah ! qu’il fait beau dans les ténèbres !…
MÉLISANDE : Il y a quelqu’un derrière nous !…
PELLÉAS : Je ne vois personne…
MÉLISANDE : J’ai entendu du bruit…
PELLÉAS : Je n’entends que ton cœur dans l’obscurité…
MÉLISANDE : J’ai entendu craquer les feuilles mortes…
PELLÉAS : C’est le vent qui s’est tu tout à coup… Il est tombé pendant que nous nous embrassions…
MÉLISANDE : Comme nos ombres sont grandes ce soir !…
PELLÉAS : Elles s’enlacent jusqu’au fond du jardin… Oh ! qu’elles s’embrassent loin de nous !… Regarde ! Regarde !…
MÉLISANDE, d’une voix étouffée : A-a-h ! – Il est derrière un arbre !
PELLÉAS : Qui ?
MÉLISANDE : Golaud !
PELLÉAS : Golaud ? – où donc ? – je ne vois rien…
MÉLISANDE : Là… au bout de nos ombres…
PELLÉAS : Oui, oui ; je l’ai vu… Ne nous retournons pas brusquement…
MÉLISANDE : Il a son épée…
PELLÉAS : Je n’ai pas la mienne…
MÉLISANDE : Il a vu que nous nous embrassions…
PELLÉAS : Il ne sait pas que nous l’avons vu… Ne bouge pas ; ne tourne pas la tête… Il se précipiterait… Il restera là tant qu’il croira que nous ne savons pas… Il nous observe… Il est encore immobile… Va-t’en, va-t’en tout de suite par ici… Je l’attendrai… Je l’arrêterai…
MÉLISANDE : Non, non, non !…
PELLÉAS : Va-t’en ! va-t’en ! Il a tout vu !… Il nous tuera !…
MÉLISANDE : Tant mieux ! tant mieux ! tant mieux !…
PELLÉAS : Il vient ! il vient !… Ta bouche !… Ta bouche !…
MÉLISANDE : Oui !… oui !… oui !…
Ils s’embrassent éperdument.
PELLÉAS : Oh ! oh ! Toutes les étoile tombent !…
MÉLISANDE : Sur moi aussi ! sur moi aussi !…
PELLÉAS : Encore ! Encore !… donne ! donne !…
MÉLISANDE : Toute ! toute ! toute !…
Golaud se précipite sur eux l’épée à la main, et frappe Pelléas, qui tombe au bord de la fontaine. Mélisande fuit épouvantée.
MÉLISANDE, fuyant : Oh ! oh ! Je n’ai pas de courage !… Je n’ai pas de courage !…
Golaud la poursuit à travers le bois, en silence.
PELLÉAS : On est triste, souvent, quand on s’aime…
MÉLISANDE : Je pleure toujours lorsque je songe à toi…
PELLÉAS : Moi aussi… moi aussi, Mélisande… Je suis tout près de toi ; je pleure de joie et cependant… (Il l’embrasse encore.) – Tu es étrange quand je t’embrasse ainsi… Tu es si belle qu’on dirait que tu vas mourir…
MÉLISANDE : Toi aussi…
PELLÉAS : Voilà, voilà… Nous ne faisons pas ce que nous voulons… Je ne t’aimais pas la première fois que je t’ai vue…
MÉLISANDE : Moi non plus… J’avais peur…
PELLÉAS : Je ne pouvais pas regarder tes yeux… Je voulais m’en aller tout de suite… et puis…
MÉLISANDE : Moi, je ne voulais pas venir… Je ne sais pas encore pourquoi, j’avais peur de venir…
PELLÉAS : Il y a tant de choses qu’on ne saura jamais… Nous attendons toujours ; et puis… Quel est ce bruit ? – On ferme les portes…
MÉLISANDE : Oui, on a fermé les portes…
PELLÉAS : Nous ne pouvons plus rentrer ! – Entends-tu les verrous ! – Écoute ! écoute !… les grandes chaînes !… Il est trop tard, il est trop tard !…
MÉLISANDE : Tant mieux ! tant mieux ! tant mieux !
PELLÉAS : Tu ?… Voilà, voilà !… Ce n’est plus nous qui le voulons !… Tout est perdu, tout est sauvé ! tout est sauvé ce soir ! – Viens ! viens… Mon cœur bat comme un fou jusqu’au fond de ma gorge… (Il l’enlace.) Écoute ! écoute ! mon cœur est sur le point de m’étrangler… Viens ! Viens !… Ah ! qu’il fait beau dans les ténèbres !…
MÉLISANDE : Il y a quelqu’un derrière nous !…
PELLÉAS : Je ne vois personne…
MÉLISANDE : J’ai entendu du bruit…
PELLÉAS : Je n’entends que ton cœur dans l’obscurité…
MÉLISANDE : J’ai entendu craquer les feuilles mortes…
PELLÉAS : C’est le vent qui s’est tu tout à coup… Il est tombé pendant que nous nous embrassions…
MÉLISANDE : Comme nos ombres sont grandes ce soir !…
PELLÉAS : Elles s’enlacent jusqu’au fond du jardin… Oh ! qu’elles s’embrassent loin de nous !… Regarde ! Regarde !…
MÉLISANDE, d’une voix étouffée : A-a-h ! – Il est derrière un arbre !
PELLÉAS : Qui ?
MÉLISANDE : Golaud !
PELLÉAS : Golaud ? – où donc ? – je ne vois rien…
MÉLISANDE : Là… au bout de nos ombres…
PELLÉAS : Oui, oui ; je l’ai vu… Ne nous retournons pas brusquement…
MÉLISANDE : Il a son épée…
PELLÉAS : Je n’ai pas la mienne…
MÉLISANDE : Il a vu que nous nous embrassions…
PELLÉAS : Il ne sait pas que nous l’avons vu… Ne bouge pas ; ne tourne pas la tête… Il se précipiterait… Il restera là tant qu’il croira que nous ne savons pas… Il nous observe… Il est encore immobile… Va-t’en, va-t’en tout de suite par ici… Je l’attendrai… Je l’arrêterai…
MÉLISANDE : Non, non, non !…
PELLÉAS : Va-t’en ! va-t’en ! Il a tout vu !… Il nous tuera !…
MÉLISANDE : Tant mieux ! tant mieux ! tant mieux !…
PELLÉAS : Il vient ! il vient !… Ta bouche !… Ta bouche !…
MÉLISANDE : Oui !… oui !… oui !…
Ils s’embrassent éperdument.
PELLÉAS : Oh ! oh ! Toutes les étoile tombent !…
MÉLISANDE : Sur moi aussi ! sur moi aussi !…
PELLÉAS : Encore ! Encore !… donne ! donne !…
MÉLISANDE : Toute ! toute ! toute !…
Golaud se précipite sur eux l’épée à la main, et frappe Pelléas, qui tombe au bord de la fontaine. Mélisande fuit épouvantée.
MÉLISANDE, fuyant : Oh ! oh ! Je n’ai pas de courage !… Je n’ai pas de courage !…
Golaud la poursuit à travers le bois, en silence.
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